Comme annoncé
dans le post précédent, nous avons fait un tour à Datong ce week-end. Avant de
faire un petit billet sur cette visite, des plus intéressante, je tenais à
faire un billet sur l'aller-retour en bus qui à lui tout seul vaut le détour. D'une part,
j'avais voyagé à plusieurs reprises en bus ici, mais je dois dire que c'est la
première fois que je vois un bus aussi moderne, équivalent de nos standards
européen, avec clim, télé et même toilettes. Ces bus partent de la gare
routière au Sud de Pékin, un bâtiment moderne et confortable qui ressemble à un
petit aéroport et qui tranche avec le reste du quartier. Mais le confort et la
vitesse se payent puisque le bus est le double de prix du train (100 yuan
contre un peu moins de 50 pour le train). Enfin cela reste raisonnable pour 370
km.
Après, pendant les
4 heures de trajet, qui en fait étaient 5 dans chaque sens à cause de la circulation,
le bus suit une autoroute récente, sorte de ruban de modernité qui s'insère
dans le Hebei et le Shanxi, ces provinces à l'Ouest de Pékin. Après avoir passé
la grande muraille à Badaling et les montagnes qui entourent la capitale, on
arrive rapidement dans des plaines
forgées par un curieux bras de fer entre la nature et l'homme. La nature semble
refuser toute surface relativement plane et a parsemé l'espace de collines et
de crevasses, mais partout où l'on pose les yeux on peut voir la main de
l'homme pour domestiquer la nature. Les collines sont étagées méticuleusement
pour augmenter les surfaces cultivables, et chaque parcelle, chaque mètre carré
plane est occupé par des cultures du maïs tandis que les espaces escarpés
recèlent de pâturages escaladés par les moutons. Des millions d'arbres sont
plantés méticuleusement pour reverdir ces provinces menacées de
désertifications, un travail herculéen similaire à la ceinture
verte édifiée autour de Pékin.
Plus loin, on
aperçoit ces villages en brique crue qui se noient dans les falaises, une vision
qui me rappelle plus les villages dans les zones désertiques du moyen orient, à
mille lieux de l'urbanisme effréné des villes.
En scrutant
l'horizon on aperçoit quelques paysans qui travaillent leurs petites parcelles
comme ils l'ont toujours fait. Un bœuf tire la charrue et des ânes les
chariots. Nous sommes à environ 200 km de Pékin, et aucune machine ne trouble
ces décors apaisants. Au fur et à mesure qu'on se rapproche du Shanxi, les
champs laissent la place à l'industrie du charbon.
Mais quand je
vous dis que le trajet vaut le détour, ce n'est pas que pour le décor mais
aussi pour la circulation surréaliste. Déjà, comme
partout, les 2 voies de circulation se transforment en 3 puisque la bande
d'arrêt d'urgence sert pour doubler, rouler ou s'arrêter quand quelqu'un veut
chercher quelque chose dans le coffre ou demande à descendre du bus. Voitures,
camions et bus slaloment comme dans un jeu vidéo tout en klaxonnant
allègrement. Parfois on y voit
aussi des vélos, qui surgissent de nulle part, servant sûrement aux ouvriers
qui se rendre sur les chantiers de l'autoroute.
Mais imaginez que
dans cet univers entropique, on ajoute une nouvelle variable : des
voitures venant en sens inverse (vidéos 1 et 2 prises sur le vif)! Ce
fut d'abord une, arrivant sur la bande d'arrêt d'urgence à vive allure, puis
d'autres de plus en plus nombreuses, peut être des dizaines sur plus de 20 km. Cette
bande d'arrêt d'urgence, pressée par des automobilistes venant de tous sens
donnait alors lieu à des situations rocambolesques ou les voitures devaient
s'immobiliser face à face... mais nous n'avons heureusement pas vu d'accident.
Puis, après 15
minutes, nous comprîmes pourquoi il y avait autant de voiture. Des milliers de
camions sont filtrés et priés d'attendre pour accéder à Pékin provoquaient un
énorme embouteillage. Lassés d'attendre, les automobilistes faisaient alors
demi-tour et regagnaient la sortie précédente à contre-sens sur autoroute.
Certain sortaient de leurs véhicules pour faire un petit tour et en profitaient
pour marcher sur les voies venant en sens inverse, qui n'étaient pas
immobilisée...
Peut-être
chanceux, nous n'avons pas du attendre trop longtemps avant de pouvoir reprendre
notre route et double la file interminable de camions qui se pressent au porte
de la ville.
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